hypersexualité, troubles sexuelsDSK,  Charlie Sheen, Tiger Woods, David Duchovny… les considérez-vous comme des prédateurs sexuels ou souffrent-ils d’un véritable trouble mental ?  Des chercheurs américains se sont penchés sur la question.

Encore et encore…

3 à 6% de la population aurait une addiction au sexe selon Florence Thibaut, professeur à l’Inserm. Mais comment définir l’hypersexualité ?

On pourrait reconnaître un sex addict par sa tendance à multiplier de façon compulsive les rapports sexuels et à passer son temps devant les films porno.

Pourtant, il s’agit d’un cas plus grave qu’on ne le pense. Tout comme la dépendance à l’alcool ou à la drogue, cette condition  « repose sur une envie répétée et irrépressible d’avoir des rapports sexuels malgré la motivation et les efforts du sujet pour s’y soustraire », selon le psychiatre américain Aviel Goodman.

Une maladie à part entière ?

Les psychiatres ont toujours été réticents à considérer l’hypersexualité comme une pathologie à cause de manques de preuves scientifiques.

C’est pourquoi des chercheurs américains ont décidé de mener une étude auprès de 207 patients dans des services de soins, pour déterminer quels sont les véritables signes d’une addiction au sexe.

Ils ont réuni une équipe de travailleurs sociaux, de sexologues et de psychologues qui ont pu dégager les critères suivants :

  • L’existence de fantasmes intenses et de pulsions sexuelles depuis au moins 6 mois.
  • Le recours à l’activité sexuelle pour échapper à un état d’angoisse et de dépression.
  • L’impossibilité pour l’individu de mettre un frein à sa sexualité débordante malgré sa volonté.
  • L’utilisation de substances externes ne doit y être pour rien dans la venue de ces fantasmes et pulsions.

On parle donc de dépendance au sexe en présence d’une réelle détresse personnelle, et si cela nuit gravement à notre vie affective et sociale.  Parmi les comportements sexuels addictifs, les plus cités étaient la masturbation frénétique et le recours à des partenaires anonymes multiples. Dans 54% des cas, ce trouble émerge dès l’adolescence et rarement au cours de la vie d’adulte selon l’étude.

Les résultats de l’étude ont été publiés dans le Journal of Sexual Medicine. On verra bien si cela suffira à ajouter l’addiction au sex parmi la liste des maladies psychiatriques.