Michael Douglas n’a pas développé son cancer en faisant des cunnilingus, mais le sexe oral peut provoquer un cancer de la gorge. Son dépistage précoce avance.

Entre la double mastectomie d’Angelina Jolie (effectuée pour se soustraire à un risqueComment dépister les cancers ORL causés par le sexe oral élevé de cancer du sein lié à la mutation rare du gène BRCA1) et le cancer de la gorge de Michael Douglas, que l’acteur impute à la pratique du cunnilingus : les célébrités éveillent en ce moment sur des pathologies peu fréquentes.

Ainsi, le grand public est maintenant mieux informé sur la mutation des gènes BRCA1 ET BRCA2, des évènements rares puisqu’ils ne concernent que deux femmes pour 1000. De même, en annonçant qu’il devait son cancer de la gorge au sexe oral, Michael Douglas, qui s’est depuis rétracté, a dévoilé à de nombreuses personnes l’existence de ce lien médical peu connu et peu fréquent.

Alors le cancer est-il une IST ? Ce n’est pas si simple que ça. Dans un entretien à L’Express, le Dr Thomas Jouffroy, médecin spécialiste en ORL à l’institut Curie explique : “La liaison entre ces pratiques sexuelles et le cancer n’est pas aussi directe que cela, mais il est certain que le virus du papillomavirus humain (Human papillomavirus, dit HPV) est un facteur de risque. On ne sait pas encore dans quelle proportion ce virus, qui se transmet lors de contacts sexuels, est responsable de cancers ORL: certainement moins que l’alcool et le tabac.”

Le spécialiste souligne que presque tous les adultes actifs sont porteurs du HPV (il en existe 40 types) et que les cancers ORL ne sont pas un important problème de santé publique et se soignent très bien s’ils sont détectés tôt. Leurs symptômes principaux sont :

  • des maux de gorge fréquents
  • une difficulté à déglutir
  • du sang dans la salive
  • une modification de la voix
  • une perte de poids

Vers une nouvelle méthode de dépistage par test sanguin

Si on peut détecter les cancers de l’utérus causes par le HPV grâce à un frottis gynécologique, il n’existe pas encore d’équivalent pour la gorge. Pour l’heure, le seul moyen d’identifier un cancer ORL est un dépistage buccal onéreux et dont les tests sont encore en cours de validation.

En revanche une étude parue dans le Journal of Oncology et reportés par CNN sont porteurs d’espoirs : des recherches menées par l’Agence Internationale pour la recherche sur le cancer, basée à Lyon, ont montré qu’une prise de sang permettrait de détecter, à un stade précoce, les cancers ORL imputés au sexe oral (1 tiers des cancers ORL selon l’étude).

La prise de sang qui permettra de détecter les marqueurs identifiés par les scientifiques ne sera pas disponible avant un long moment, mais elle pourrait permettre aux patients concernés de bénéficier d’une meilleure surveillance de la maladie et d’être soignés en amont. Un tiers des 135 patients atteints de cancer de la gorge et ayant participé à l’étude présentait les marqueurs caractéristiques de la maladie dix ans avant l’apparition des premiers symptômes.

En attendant de pouvoir avoir recours à ce test sanguin, il ne s’agit pas de renoncer au sexe oral mais le corps médical encourage la vaccination contre le HPV chez les jeunes filles et les jeunes hommes de 12-13 ans. Le sexe fort serait d’ailleurs plus à risques (10,1%) que celui faible (3,6%) face aux infections orales par HPV.