Avec les beaux jours les vélos réapparaissent. L’occasion de s’intéresser à l’impact du cyclisme sur la fonction érectile et l’appareil génital féminin.

“Pas besoin d’être un scientifique pour observer l’anatomie humaine et voir que nous Hommes et femmes à vélo : danger pour les organes génitaux ?sommes faits pour s’asseoir sur nos derrières, et non sur nos aines.” Voilà comment le physiologiste de la reproduction Steven Schrader commente les résultats de 10 années de recherches sur les conséquences du cyclisme.

Cet expert américain et son équipe de chercheurs au NIOSH (National Institute for Occupational Safety and Health) ont suivi des cyclistes se plaignant d’urines sanglantes, de perte de sensations, d’hémorroïdes et d’impuissance. Parmi ces hommes figuraient des policiers qui se déplacent fréquemment à vélo dans l’exercice de leurs fonctions. Durant la nuit, ils ont comparé la durée de leurs érections à celles d’hommes qui ne pratiquaient pas ou moins le cyclisme. Celles de ces derniers duraient plus longtemps.

Les scientifiques en ont conclu que les selles classiques peuvent causer des dysfonctions érectiles en multipliant par deux la pression exercée sur la région périnéale. Les nerfs et les artères reliés aux parties génitales sont compressés. Cela empêcherait presque totalement l’afflux sanguin dans cette zone et diminuerait les apports en oxygène de 60 à 80%.

Les femmes également concernées

Mais les hommes ne seraient pas les seuls à souffrir de ce problème. Chez les femmes, le cyclisme à haute dose affecte également la zone périnéale et peut déclencher l’apparition de blocages du système lymphatique, de gonflements des lèvres et de mycoses vaginales, souligne Steven Schrader.

De même, une étude parue en mai 2012 dans le Journal of Sexual Health Medecine  et relayée par le Huffington Post a montré que les organes génitaux féminins pâtissent d’une pratique trop régulière du cyclisme entrainant une perte de sensation. Les utilisatrices de vélos dont le guidon est plus bas que la selle seraient particulièrement touchées. Car la position impliquée par ce type de deux-roues accroit la pression sur les nerfs et les vaisseaux sanguins.

Quelles solutions pour protéger ses organes génitaux ?

Des sensations d’anesthésie ou de picotements de la zone génitale constituent des symptômes annonciateurs. Pour éviter de souffrir d’impuissance ou d’une perte de sensations, il existe quelques gestes simples :

  • Tout d’abord, pensez à baisser votre selle et remonter votre guidon. Vous vous tiendrez ainsi plus droit et votre poids sera supporté par vos fesses sans faire pression sur vos organes génitaux.
  • Changer de position et faites des pauses durant les longs trajets.
  • Dans un article concernant ses observations sur les policiers  le Dr Shrader suggère d’utiliser une selle sans nez. Selon lui, ce changement permettrait de faire passer les inconforts génitaux de 76 à 18%. Une selle large et matelassée ou renforcée avec du gel peut aussi permettre d’éviter la pression sur la zone périnéale.
  • Porter des pantalons de cyclisme munis de coque aide aussi à préserver les attributs masculins.

Plus de peur que de mal

Dans la plupart des cas, les troubles ne sont que passagers et ne nécessitent pas de chirurgie pour réparer les vaisseaux. Arrêter le vélo pendant une semaine ou deux peut aider à rétablir la fonction érectile chez les hommes.

Mais rassurez-vous messieurs les cyclistes, une étude récente réalisée avec des hommes en bonne santé a permis de constater qu’il n’y avait aucune différence de fonctionnement entre les fonctions érectiles de 142 hommes inscrits dans un bycyclub et celles de 83 hommes qui ne pratiquaient pas le cyclisme.

Même si ces résultats n’ont été obtenus que par questionnaire, ils suggèrent que faire du vélo à titre sportif ou récréatif ne menace généralement pas la fonction érectile.