Vaginale ou clitoridienne ? Voilà un sujet dont nous avons déjà parlé et qui fait toujours débat tant au niveau des femmes elles-mêmes que d’un point de vue scientifique.

Aujourd’hui j’ai décidé de m’attaquer à un autre aspect de l’orgasme féminin : le point G ! Nous en avons tous entendu parler et nombreuses sont celles qui affirment avoir expérimenté les doux plaisirs que sa stimulation provoque.

Saviez-vous que son existence est pourtant toujours controversée ? En effet, aujourd’hui il n’y a aucun consensus scientifique sur la question. Comment une partie si « mécanique » de notre corps peut-il renfermer plus de secrets que la surface de la lune (que les hommes s’attèlent à nous décrocher) ? Et oui, pour certains, le point G n’est qu’un mythe, une invention du XXème siècle. De récents travaux sembleraient pourtant prouver son existence.

Je vous propose donc le tour d’horizon d’une zone érogène qui reste encore à découvrir pour de nombreux scientifiques et autant de femmes (ou leur partenaire).

La première localisation d’un supposé point G remonte aux années 50. Cette zone érogène aurait été plus ou moins identifiée par Ernst Gräfenberg, gynécologue et chercheur allemand. Ce médecin remarque au cours de ses travaux le comportement sexuel de certaines femmes qui stimulent une zone proche de l’urètre. Il pense cependant qu’il s’agit là d’une zone érogène occasionnelle qui ne serait pas commune à toutes les femmes.

En réalité, ce n’est qu’en 1981 que le terme « Point G » voit le jour. Il est inventé par les chercheurs Addiego et Beverly Whipple en référence aux travaux du Docteur Gräfenberg. L’expression sera popularisée un an plus tard dans le livre « The G-Spot and Other Recent Discoveries about Human Sexuality » puis reprise par sexologues et medias. D’après les auteurs de l’ouvrage (Dr Patrick Dao, Alice Ladas et Beverly Whipple), il s’agirait d’une zone dans le vagin qui provoquerait un orgasme suite à une stimulation directe : un interrupteur du plaisir.

Si l’expression est désormais complètement assimilée par le grand public, les travaux scientifiques manquent encore pour démontrer objectivement son existence. Mais les preuves semblent tout de même s’accumuler.

En 2009, après avoir examiné 30 femmes par échographie, Emanuele Jannini, docteur à l’université de L’Aquila en Italie affirment avoir découvert la preuve anatomique de l’existence du point G : il se matérialiserait par un tissu plus fin entre l’urètre et le vagin. En 2012, une équipe de chercheurs américains démontrent également son existence après l’autopsie puis dissection du vagin d’une femme de 83 ans. Pour eux, il s’agirait d’une cavité située sur la membrane périnéale aux dimensions bien définies (une longueur de 8,1 mm, une largeur allant de 1,5 à 3,6 mm et une hauteur de 0,4 mm).

La dernière théorie actuellement défendue par la Docteur Odile Buisson suppose que la structure anatomique du point G n’existe pas. Pour elle le point G, c’est le point de contact entre la racine interne du clitoris et le vagin. Les chercheurs de son équipe estiment en effet que cette zone serait en réalité une fonction du complexe clitoro/urethro/vaginal ou CUV. Le CUV rassemble les différents organes jouant un rôle dans l’activité sexuelle féminine. Pour expliciter sa théorie, la Docteur utilise la métaphore du sifflet. Pour siffler nous utilisons nos poumons pour expulser de l’air, jouons avec la forme des lèvres de la bouche, l’ouverture de cette dernière etc. et le son se produit mais nous n’avons pas un sifflet à l’intérieur ! Selon elle, le Point G serait comparable : plusieurs actions génèreraient un orgasme mais le point G n’existerait pas en soit.

De toute évidence, le point G va continuer à faire couler beaucoup d’encre et quelque soit son existence (réelle ou non), générer beaucoup de plaisir, du moins je l’espère.

Sources