L’endométriose est une maladie gynécologique mystérieuse qui touche une femme en âge de procréer sur dix et 20 à 50 % des femmes infertiles. Les deux symptômes principaux de cette maladie qui touche 180 millions de femmes dans le monde sont les règles et les rapports sexuels douloureux.

Cette maladie méconnue peut vite devenir dérangeant pour la personne qui en souffre, notamment pour établir des relations amoureuses ou encore pour aller au travail/en cours (comment faire quand on a des douleurs intenses 5 jours par mois ??).

Une nouvelle étude parue dans The American Journal of Pathology vient de montrer que l’exposition au sperme aggrave le deuxième symptôme, à savoir les rapports sexuels douloureux. Des chercheurs australiens de l’université d’Adélaïde, en Australie, ont découvert que le liquide séminal qui compose le sperme et assure son transport jusque dans le vagin favorise la propagation de tissus utérins en dehors de l’endomètre.

Prolifération de l’endométriose par la dyspareunie

A part les troubles de la fertilité, la dyspareunie ou rapport sexuel douloureux est l’autre symptôme connu de l’endométriose. Depuis des années, aucune recherche n’a expliqué la relation entre l’activité sexuelle et la prolifération de cette maladie. Des chercheurs australiens ont travaillé en ce sens en prélevant des cellules endométriales à des femmes atteintes d’endométriose et les ont ensuite greffées à des souris qui présentent un déficit immunitaire sévère. Au cours de cette étude réalisée en laboratoire, les chercheurs ont découvert un nouveau facteur de risque associé à l’endométriose.

Le Dr Jonathan McGuane, principal auteur de l’étude et membre de l’Unité d’obstétrique et de gynécologie de l’université d’Adélaïde, a annoncé que le liquide séminal accroît la survie et la croissance de cette maladie qui touche une femme sur 10. Après l’exposition au liquide séminal, les chercheurs ont constaté que les lésions ont atteint huit fois leur volume et quatre fois leur masse en deux semaines. Cette découverte est importante étant donné que l’endométriose peut entraîner des difficultés à concevoir un enfant. La progression de la maladie chez les femmes suite à l’exposition de l’endomètre au liquide séminal a été aussi confirmée par le co-auteur de l’étude, Marie-Louise Hull.

Après ces résultats de laboratoire, les chercheurs comptent approfondir les recherches sur les implications pour les femmes atteintes ou non d’endométriose. Selon Marie-Louise Hill, les prochaines études devront confirmer le réalisme des résultats obtenus en laboratoire dans la vraie vie. Les recherches consisteront à déterminer si l’exposition au liquide séminal après les rapports sexuels augmente de manière significative le risque chez la femme de développer cette maladie gynécologique.