Le sexe virtuel via internet ou mobile séduit de plus en plus de Français, particulièrement des jeunes. Cybersexe et sexting réchauffent l’Hexagone.

Il est bien loin le temps où Roméo se languissait sous la fenêtre de Juliette pour lui Les Français aiment le sexe virtuel !déclarer sa flamme. Foin des lettres d’amour et des poèmes, le romantisme se pratique aujourd’hui en brandissant sa… souris !

Enfin, romantisme c’est un bien grand mot. Puisqu’à côté des quelques textos et emails exaltés que s’échangent encore les amants du troisième millénaire, la toile et les smartphones hébergent maintenant les « cyber-ébats » des Français, et particulièrement ceux de la jeunesse.

Les jeunes sont « branchés » sexe

Hier stigmatisé, le cyber sexe s’est démocratisé et ses adeptes sont toujours plus nombreux. Une étude de l’IFOP pour le site de sexcam CAM4, réalisée avec 1113 personnes âgées de 18 à 69 ans, rapporte que 16% des Français de moins de 25 ont déjà expérimenté le sexe par webcam contre seulement 9% en 2009.

Mais les téléphones portables ne sont pas en reste. L’envoi de SMS et MMS à caractères érotiques, le « sexting » est également très populaire chez les jeunes. 35% des participants à l’étude disent recevoir des photos, vidéos et textes coquins et 25% en envoient. 13% pratiquent le sexe à l’oral par téléphone et 3% avec la webcam de leur mobile.

Voyeurisme et exhibitionnisme

Un tiers des Français avoue ressentir de l’excitation à l’idée d’observer des personnes en train d’avoir des rapports. De plus, 19% témoigne d’un pic de désir à la seule pensée d’être surpris en pleine action !

A l’heure où les blogs et réseaux sociaux comme Facebook couronnent la victoire du voyeurisme et de l’exhibitionnisme sur la discrétion et la préservation de la vie privée, rien d’étonnant à ce que des outils comme les webcams et les messageries instantanées soient utilisés pour s’adonner à des jeux érotiques, ou dévoiler des photos dénudés et des séances d’effeuillages privés ou publics.

D’ailleurs, un jeune sur cinq a déjà regardé en live les mises en scène érotiques d’une personne devant sa webcam et un sur dix a réalisé sa propre sextape, un loisir particulièrement en vogue chez les gais et lesbiennes.

Le sexe virtuel, la fin du vrai sexe ?

Mais le sexe 2.0 signe-t-il l’arrêt de mort du vrai sexe ? Pas sûr… D’après François Kraus, directeur d’études au département Opinion d’Ifop, ces rapports virtuels permettent de rompre avec le quotidien pour ajouter de la créativité à la vie sexuelle et entretenir la vie de couples à distance.

Et les jeunes dans tout ça ? Perdent-ils le sens des réalités et de ce qu’est réellement le sexe ? Cité par Le Nouvel Observateur, l’auteur de Osez le sexe sur internet, Thomas Perrin, estime que non : “Est-ce que les jeunes s’identifient aux Tarzans des films porno et bâclent leurs rapports ? Je ne pense pas. Les spectateurs savent mettre de la distance avec des images qui ne sont pas réelles.”

De son côté le sociologue Jean-Claude Kauffmann, auteur de Sex@mour estime que “Avant il fallait avoir des sentiments pour donner droit à la sexualité, alors que maintenant le sexe apparaît comme un jeu sans enjeu, comme un loisir comme un autre. Le virtuel permet d’éviter cette peur actuelle qu’est l’engagement.” Il est décidément bien loin le temps de Shakespeare…