Dans notre société hyper connectée, les téléphones portables, smartphones et autres tablettes nous accompagnent partout : dans notre lit, aux toilettes… bientôt sous la douche ? L’outil de communication a tellement bouleversé nos mœurs que certaines personnes souffriraient même de nomophobie. Un autre phénomène social a également été observé et commence à être étudié : le « sexting » ! Quoi donc me dites-vous ? Vous n’avez jamais reçu un « sexto » ?

Une nouvelle manière de communiquer

Il est bien loin le temps où il fallait plusieurs jours voire plusieurs semaines ou plusieurs mois pour qu’une lettre d’amour arrive à bon port. Aujourd’hui, le message à peine écrit est déjà envoyé et lu dans l’instant par son destinataire.

Si la manière de communiquer à profondément été bouleversée par les avancées technologiques, le message aussi, preuve en est avec les « sexto » et plus généralement le « sexting ». Il s’agit d’envoyer ou recevoir de façon électronique un message, une photo ou même une vidéo à caractère explicite, autrement dit sexuellement connecté. Littéralement, le sexting ou sexto est un mot-valise résultant de la contraction de « sexe » et « texting » ou « sexe » et « texto ».

Et d’après une récente étude, cette nouvelle forme de communication dans tous les sens du terme serait de plus en plus populaire : 80 % des personnes interrogées aurait ainsi envoyé ou reçu au moins un « sexto » au cours de l’année écoulée. Le « panel représentatif » se composait 870 personnes de 18 à 82 ans (un peu plus de la moitié de femmes et 26 % de célibataires), vivant aux Etats-Unis.

Sociologie du sexting

D’après les données de cette même étude, si la majorité des interrogés pratiquaient le sexting au sein de leur couple officiel, 46 % d’entre eux reconnaissaient également avoir partagé cette pratique avec un partenaire occasionnel.

L’auteure principale, Emily Stasko, estime que le sexting serait à mettre en relation avec une vie sexuelle épanouie. Us et coutumes mais également le regard qu’on leurs porte évolue car il n’y a pas si longtemps, cette pratique était considérée comme un comportement sexuel à risque par une partie du monde médical. Peut-être que dans un futur proche les sexologues et autres thérapeutes relationnels conseilleront l’envoi de sexto pour aider leurs patients à reconstruire intimité et communication dans leur couple.

Si envoyer un sexto à votre partenaire vous tente, vous devez tout de même rester prudent(e). Aujourd’hui, internet et réseaux sociaux obligent, une photo équivoque peut faire le tour de la planète en quelques instants. Les « ex » qui acceptent mal de l’être peuvent d’ailleurs très facilement se venger ou faire du chantage et un sexto qui arrive sur le téléphone portable d’un familier, d’un proche, d’un collègue de travail, voire de son patron peut vraiment mettre mal à l’aise, et bien pire encore.

Si nous vous parlions du sexting entre personnes adultes, responsables et consentantes, il faut savoir que cette manière de communiquer un peu particulière existe également chez les adolescents. Une autre étude démontre par exemple que 38 % des jeunes britanniques âgés de moins de 18 ans auraient déjà reçu une image à connotation sexuelle sur leur téléphone portable. Chez les plus jeunes, les conséquences de tels messages, envoyés bien souvent sans mesurer les conséquences, peuvent vraiment être catastrophiques voire dramatiques. Si le code pénal français n’a pas encore pris la mesure réelle de tels actes, le sexting chez les mineures est d’ores et déjà considéré au Canada comme un acte de pornographie juvénile aux conséquences pénales sévères.