Vous savez quoi ? A ce qu’il parait la pollution jouerait un rôle non négligeable dans la qualité du sperme et la quantité et concentration des spermatozoïdes. Diverses études démontrent des résultats qui devraient attirer l’attention des premiers intéressés tout comme celle des pouvoir publics. Bientôt stérile à cause d’un air trop pollué ou d’aliments contaminés ?

L’influence de la pollution sur le sperme ?

S’il est pour le moment difficile de définir avec précision le rôle joué par la pollution dans la qualité du sperme, son influence négative semble tout de même difficilement réfutable. Diverses études démontreraient une corrélation entre l’une et l’autre.

Tout d’abord en France. Une étude menée par l’Institut de veille sanitaire (InVS) en collaboration avec l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) démontre ainsi que la concentration de spermatozoïdes dans le sperme aurait baissé de 32 % entre 1989 et 2005. La qualité du sperme serait elle aussi en chute libre car des 60,9 % de spermatozoïdes ayant une morphologie normale en 1989, on est passé à 39,2 % en l’espace de 20 ans (de 1985 à 2005).

Cette étude qui repose sur 26 000 dossiers d’hommes répartis dans 126 centres dans toute la France permet d’analyser et comparer les résultats par région. Or, ces résultats sembleraient démontrer que la qualité de l’environnement influencerait sur celle du sperme : Midi-Pyrénées et Aquitaine sont les deux régions où la plus forte dégradation à été observée or l’activité agricole y est particulièrement intensive : l’utilisation excessive de pesticides est clairement

montrée du doigt dans ces régions viticoles. Les franciliens ne sont pas en reste et devraient également se poser des questions sur la qualité de l’air qu’ils respirent jour après jour.

Certains polluants clairement identifiés

Une étude menée en Scandinavie et une autre menée au Danemark, Lituanie et Finlande (tous des pays limitrophes avec la Mer Baltique, écosystème particulièrement pollué), ont démontré l’influence des polluants organochlorés sur les capacités reproductives des hommes. Ces polluants modifieraient le profil chromosomique d’une grande partie des spermatozoïdes et pourraient également affecter l’appareil reproducteur mâle chez le fœtus.

En Chine, où l’air, l’eau et le sol sont davantage contaminés (à titre d’exemple : les cancers du poumon ont augmenté de 56 % entre 2001 et 2010), la qualité du sperme est également en baisse : un tiers seulement du sperme recueilli dans la banque de sperme principale de Shanghai répondrait aux critères de qualité de l’OMS. Li Zheng, urologue spécialiste dans un hôpital de Shanghai estime d’ailleurs que le sperme des individus serait un excellent indicateur de la qualité de l’environnement : plus l’écosystème est dégradé, moins les spermatozoïdes « nagent ».

Si les effets de la pollution par une molécule précise comme dans le cas des polluants organochlorés ou par exemple de l’utilisation du DBCP (insecticide ayant rendu stérile des milliers de travailleurs dans les bananeraies) semblent clairement établis, la relation de cause à effet de la pollution de manière générale n’est pour ça part pas encore clairement démontrée. De même, si le taux de pollution dans l’Hexagone est pour le moment loin d’être aussi important qu’en Chine, on est cependant en droit de se demander le rôle joué par le mélange de molécules toxiques inhalées quotidiennement sur la fécondité masculine.