La santé sexuelle est un droit reconnu par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) et depuis 2001 il l’est aussi en France. L’Edex, un médicament qui aide à résoudre les problèmes érectiles est ainsi remboursé par l’Assurance Maladie. Sous certaines conditions certes mais c’est déjà un premier pas. Depuis peu -juillet dernier- un autre médicament est également pris en charge : la pommade ou crème Vitaros. Le point sur le remboursement d’un trouble qui perturbe le bien-être (sexuel mais pas uniquement) de nombreux hommes (au moins 500 000 hommes seraient concerné en France) et bien sûr affectant tout autant leur partenaires.

Un remboursement sous conditions

Le remboursement des médicaments contre les troubles érectiles se limite aux troubles liés à une fonction érectile organiquement perturbée. L’Edex peut en effet être utilisé dans diverses situations mais son remboursement n’est pris en compte que lorsqu’il est lié à certaines pathologies organiques telles que tétraplégie et paraplégie, traumatisme du bassin avec troubles urinaires, suite aux séquelles d’une intervention chirurgicale, à la sclérose en plaques, à une neuropathie diabétique avérée ou à des séquelles du priapisme.

L’alprostadil, le principe actif du médicament, entraine une dilatation des vaisseaux du corps caverneux et provoque alors une érection. Le problème majeur de ce médicament c’est son mode d’administration invasif. Bien qu’indolore il en rebute plus d’un : il s’injecte directement dans la verge à l’aide d’une une petite aiguille.

Une nouvelle alternative

Depuis le 12 juillet 2015, un autre médicament est désormais pris en compte par l’Assurance Maladie. Comme l’Edex, cette nouvelle pommade a pour principe actif l’alprostadil. Son nom ? Vitaros.

La différence majeure c’est justement le mode d’administration : il s’agit d’un gel à appliquer au niveau du méat, l’extrémité du pénis. Fini les injections directement dans la verge. Comme pour l’Edex, le remboursement est soumis à condition. Il n’est pris en compte que dans la mesure où il s’agit de répondre à un trouble d’origine organique (voir plus haut) et s’il est prescrit par le médecin sur une ordonnance de médicament d’exception. Le Vitaros sera alors remboursé à 100 % pour les hommes souffrants des maladies définies précédemment ou à hauteur de 15 %.

L’efficacité de cette pommade « révolutionnaire » (traitement local non invasif, plus rapide et avec moins d’effets secondaires) n’est pourtant pas exceptionnelle. D’après le rapport de la Haute Autorité de Santé (HAS), l’érection s’est améliorée chez 52 % des hommes seulement l’ayant utilisée durant 12 semaines. Cette efficacité est donc beaucoup moins importante que celle de la célèbre pilule bleue qui n’est quant à elle toujours pas remboursée malgré diverses recommandations en ce sens, notamment celles du Comité Consultatif National d’Ethique (CCNE) datant de l’an 2000.

Une autre donnée devrait tout de même attirer l’attention des hommes qui souffrent de dysfonctions érectiles. La HAS signale ainsi que chez 20 % d’entre eux, une amélioration de leur érection a été observée lors du traitement de 12 semaines alors qu’ils utilisaient une pommade… placebo ! C’est-à-dire sans aucun principe actif. Une nouvelle preuve que l’aspect psychologique est étroitement lié aux problèmes d’érection. Croyant avoir un remède efficace, ces hommes ont repris confiance en eux et la vigueur serait alors revenue.

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