préservatifs_criseVenezuela, un pays de l’OPEP touché par la crise pétrolière se trouve dans une situation économique précaire. Suite à la chute du prix du pétrole, les produits de première nécessité se font rares. Les contraceptifs, notamment les préservatifs, sont également de moins en moins accessibles. Si on en trouve, le prix est particulièrement exorbitant. Si cela continue, les Vénézuéliens seront touchés par la crise du « sexe » !

Aggravation des pénuries

Pour rappel, l’économie vénézuélienne dépend essentiellement des exportations pétrolières. Ces activités sont effectivement les principales sources de devises du pays de Nicolas Maduro. Depuis environ sept mois, le prix de l’or noir n’a cessé de chuter. Une baisse de 60% a été enregistrée. L’économie du Venezuela est également en chute libre alors que le pays importe la plupart des produits de première nécessité. Cela engendre une situation de pénurie inquiétante. A l’heure actuelle, la population locale doit faire la queue pour acheter des médicaments, du sucre ou du poulet. La file d’attente est encore plus longue lors de l’achat de condoms, ces produits ont presque disparu du marché. En janvier par exemple, aucune des 10 pharmacies se trouvant à l’est et au centre de Caracas, la capitale vénézuélienne, n’en disposait. Auprès de l’e-commerce MercadoLibre, on peut encore commander des préservatifs, mais à un prix exorbitant. Un paquet de 36 condoms Trojan est entre autres vendu à 755 $ US. Le prix est de 25 $ au marché noir.

Risque élevé d’infections aux MST

La pénurie de préservatifs au Venezuela a des impacts graves. En dehors de la frustration des Vénézuéliens contraints de limiter les parties de jambes en l’air, elle peut également augmenter les risques de grossesses non désirées aussi bien chez les jeunes que les adultes. Alors que l’avortement est un acte illégal au Venezuela, les femmes seront de plus en plus tentées de rejoindre les cliniques clandestines pour se faire avorter ; ce qui va occasionner une hausse du taux de mortalité des femmes enceintes. Cette grande pénurie risque également d’accroître le taux d’infection aux maladies sexuellement transmissibles. Jonathan Rodriguez, le directeur général de l’OSBL StopVIH, a montré son inquiétude lors d’un entretien avec la presse vers la fin du mois de janvier. Selon ses dires, la pénurie va anéantir les efforts de préventions déjà menés dans le pays. Notons que le taux d’infection du VIH est déjà élevé au Venezuela. Selon quelques organismes en exercice dans le pays, les stocks de médicaments antirétroviraux et de pilules anticonceptionnelles sont aussi très faibles.