Beaucoup de femmes attendent la mise au point du Viagra féminin avec impatience. Courant septembre la Food and Drug Administration (FDA), l’organisme américain de régulation des médicaments, vient « enfin » de donner son feu vert à la commercialisation du Flibansérine. Malheureusement, la petite pilule rose serait loin d’être aussi efficace que son homologue masculin la célèbre pilule bleue.

Viagra féminin : ses intérêts cachés

Pilule rose de FlibansérineBien naïf celui qui croit que la mise au point du Viagra féminin est uniquement appréhendé d’un point de vue thérapeutique !

Le Viagra qui a offert une solution efficace aux problèmes d’impuissance masculine a également engendré des millions de dollars de bénéfices et tous laboratoires pharmaceutiques qui se respectent rêvent de reproduire un tel succès commercial. Quand on sait que 15 % à 30 % des femmes en âge de vivre une sexualité épanouie rencontrent des troubles du désir sexuel, le marché est colossal !

Plus que ce calcul purement économique, les troubles sexuels représentent une véritable souffrance pour des millions de femmes et leurs conjoints. La demande thérapeutique est telle qu’elle est même devenu idéologique : nombre d’association féministes comme par exemple Even the score (que l’on peut traduire par «Egaliser les scores») réclament en effet un viagra féminin depuis des années. Il faut savoir que la commercialisation du Flibansérine avait déjà été refusée à deux reprises par le passé.

Finalement, le Viagra féminin a donc obtenu le feu vert de la FDA : le médicament est commercialisé aux Etats-Unis depuis septembre dernier, mais qu’en est-il vraiment ?

Une amélioration de la libido toute relative

Bien des femmes risquent d’être déçues si elles voyaient le Flibansérine comme la dernière chance pour réveiller leur libido. Les résultats obtenus sont en effet vraiment médiocres : les données fournies par le laboratoire suite au test clinique mené sur 1323 femmes (Canada et Etats-Unis) mariées et en bonne santé montrent une augmentation de 0,7 rapport sexuel satisfaisant par mois  en comparaison au groupe placebo : en moyenne ça ne fait donc même pas un rapport sexuel jugé satisfaisant supplémentaire par mois !

Et dire que le Flibansérine n’avait pas été commercialisé à deux reprises à cause d’une efficacité thérapeutique jugée insuffisante… Le bien-fondé de cette commercialisation interpelle forcément d’autant plus que les effets secondaires sont loin d’être anodins : 12 % des femmes sous traitement auraient ressenti divers effets secondaires tels que évanouissement, somnolence, chute de la pression artérielle.

La complexité du plaisir féminin

L’élaboration d’un viagra féminin s’avère en pratique beaucoup plus complexe que son homologue masculin. Le Viagra agit de manière mécanique : le principe actif dilate les vaisseaux sanguins et provoque l’érection.

Le Flibansérine agit pour sa part directement sur le cerveau au niveau des neurotransmetteurs qui influent sur la libido à la manière des antidépresseurs. Le processus est bien plus complexe et de fait, mal compris. Les effets secondaires sur le long terme sont d’ailleurs complètement méconnus. Certains s’insurgent donc de voir qu’un médicament aussi dangereux soit mis en vente et réduise ainsi l’alchimie du désir féminin en le limitant à la prise d’une pilule sans considération pour les facteurs psychologiques ou sociaux-affectifs qui plus est pour de piètres résultats.

Une autre pilule qui donne envie d’avoir envie va peut-être faire mieux d’ici peu : actuellement en test, le « lybrido » s’avèrerait plus efficace. La réponse dans quelques mois, logiquement début 2016.